ARISTOTE
PROBLÈMES MUSICAUX
Problème 42 (A, III a Gevaert; p. 26 ER).
Αριστοτ. Προβλ. XIX, 3
Le texte de ce problème étant affreusement corrompu, nous aimons mieux, au lieu d'entrer dans une controverse de détail, indiquer quelle a pu être à l'origine la forme de ce problème et par quelles causes il a pu s'altérer.
Διὰ τί, ἐάν τις ψήλας τὴν νήτην ἐπιλάβῃ, ἡ ὑπάτη μόνη δοκεῖ ὑπηχεῖν ;
"Η ὅτι ἡ νεάτη, λήγουσα καὶ μαραίνουσα, ὑπάτη γίγνεται; σημεῖον δὲ, τὸ ἀπὸ τῆς ὑπάτης τὴν νήτην δύνασθαι ᾄδειν < ῥᾳδίως > ὡς γὰρ < ἠχοῦς >[5] οὔσης αὐτῆς < τῆς > νεάτης, τὴν ὁμοιότητα λαμβάνουσιν ἀπ' αὐτῆς. Έπεὶ δ' < ὁ >[6] τῆς νήτης ληγούσης ἧχος ὁ αὐτός τῷ τῆς ὑπάτης φθόνγῳ, εἰκότως τῇ ὁμοιότητι τὴν ὑπάτην ἡ νήτη κινεῖν δοκεῖ, etc. (le reste comme chez GV.)
Ni l'interversion proposée par Bojesen à la ligne 2 de la solution (ἀπὸ τῆς νήτης ... τὴν ὑπάτην), ni le changement de λαμβάνουσιν en λαμβάνει (GV) ne nous paraissent acceptables : le sujet de λαμβ. est οἱ ᾄδοντες sous entendu.[7]
M. Gevaert dit, en outre, que le phénomène indiqué n'est pas exact : lorsqu'on pince la nète et qu'on l'arrête, toutes les cordes ébranlées rendent un sourd bourdonnement, mais le son de l'hypate ne se détache pas. Nous croyons cependant que si la vibration de la nète s'était prolongée suffisamment longtemps le phénomène se produirait dans une certaine mesure;[8] mais nous sommes si bien d'accord avec M. Gevaert sur l'insignifiance — pour ne pas dire l'inexistence — du phénomène, que nous soupçonnons fortement l'énoncé originaire du problème d'avoir été : διὰ τί, ἐάν τις ψήλας τὴν ὑπάτην ἐπιλάβῃ, ἡ νήτη μόνη δοκεῖ ὑπηχεῖν, c'est-à-dire précisément le phénomène signalé dans la célèbre épigramme d'Agathias (AP, XI, 332). Par une altération dont le texte des Problèmes offre plusieurs exemples (notamment n° 47), les mots ὑπάτη et νήτη ont opéré dès l'antiquité un chassé-croisé. Et en présence d'un texte ainsi altéré, le solutionniste a eu recours à une théorie physique inepte (la seconde vibration de la nète est l'hypate) que nous retrouverons dans un autre problème (39 b) et qui apparaît déjà dans un texte, obscur de Platon (Timée, p. 80 A).
[5] Gloses (a) : ἠχὼ ᾠδή τις ἐστί — ἀφή ἐστι φωνῆς.
[6] Ici se sont introduites dans le texte les gloses (a).
[7] Au § 6 ἀκατάληπτον est mal rendu par « rester au repos » ; il fallait dire « non saisie » (par l'exécutant). — Ligne 20 écrire αὑτῆς (non αὐτῆς).
[8] En effet, les vibrations de l'hypate étant dans un rapport simple de durée avec celles de la nète sont favorisées par celles-ci, tandis que celles de toutes les autres cordes sont contrariées ; à la longue donc le son de l'hypate doit se détacher. D'autres anciens ont prétendu que tout son consonant engendre par « écho » un son consonant : Adraste ap. Théon c. C et ap. Porphyre sur Ptol. p. 270; 2= Anon. Bell. (Dionysios) § 21 (p. 104).
http://webcache.googleusercontent.c...+θατέρου+καταστροφαί+εισιν&cd=1&hl=en&ct=clnk
{épigramme d'Agathias (AP, XI, 332!}
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